C’est l’année ou jamais serait-on tenté de dire. L’Espagne a une équipe pour remporter l’ Euro 2008. En tout cas sur le papier.
La Roja possède dans ses rangs deux goléadors. David Villa a marqué 18 buts en 28 matchs avec son club de Valence. “El Guaje” est un véritable chasseur de buts en sélection. Son compère en attaque a lui pris une autre dimension depuis sa signature à Liverpool. “El nino”a confirmé tout le potentiel entrevu lorsqu’il faisait le bonheur l’Atletico Madrid. Pour sa première saison en Premier League, Torres inscrit la bagatelle de 24 buts en 33 rencontres.
Le milieu de terrain n’est pas à la hauteur de celui du Portugal. Mais les membres qui le composent sont enviés pas bon nombre de clubs. La triplette Xavi-Iniesta-Fabregas fait en effet rêver. Les deux premiers ont connu une saison blanche, vierge de tout titre, avec le Barça. Une année humiliante pour le club, marqué en interne pas les caprices de ses stars. La politique des « quatre fantastiques » a été un incroyable fiasco. Iniesta et Xavi ont été la cible, comme tous leurs coéquipiers, de la colère des socios. L’Euro arrive donc comme une bouffée d’oxygène. Fabregas n’a lui non plus rien gagné cette saison. Arsenal avait pourtant très bien démarré le championnat, mais n’a pas tenu la comparaison contre Manchester et Chelsea. La perle espagnole va disputer sa deuxième compétition internationale. Il va démarrer le tournoi sur le banc.
Le gros point d’interrogation, en ce qui concerne l’Espagne, reste la défense. Le duo Puyol-Marchena n’a pas montré toutes les garanties. Les deux joueurs ont connu des saisons difficiles. Preuve de ses atermoiements défensifs, Aragones a changé neuf fois sa charnière centrale. La Roja peut compter sur les parades d’Iker Casillas. Le gardien du Real a réalisé une saison magnifique, propulsant son club vers le titre.
L’Espagne arrive à cet Euro dans la peau de l’outsider, une situation qui peut lui convenir. Elle est en effet souvent citée comme favorite dans les grandes compétitions. Un statut qu’elle n’a jamais confirmé. Une nouvelle fois en 2006, après un parcours facile en poule, l’Espagne n’a pu franchir le cap des 8es de finale, la faute à la France. Cette difficulté à assumer la pression lui est donc préjudiciable. Pour cet Euro, l’équipe arrive avec deux années de plus. Avec une formation aussi jeune, cela compte. Enfin, la dernière réserve concerne la vie du groupe. Composé d’individualités, Barcelonais contre Madrilènes, le groupe n’est pas en osmose. Une cohésion indispensable pour aller au bout de la compétition.


















