Le Portugal joue souvent placé, mais peine à conclure. La sélection a pourtant fière allure. Scolari dispose en Deco, Simao, Nani, Cristiano Ronaldo et Ricardo Quaresma, de joueurs de niveau mondial. Et pourtant, le palmarès de la sélection reste désespérément vierge.
Pour cet Euro 2008, le Portugal a sans l’ombre d’un doute l’une des équipes les plus talentueuses sur le papier. Mais dans les actes ça n’est pas toujours le cas. La sélection lusitanienne pêche en effet en défense. Ricardo, le gardien du Betis Séville, a connu une saison délicate avec son club. La charnière centrale, bien que talentueuse, manque de repères. Ricardo Carvalho a échoué en finale de la Ligue des Champions avec Chelsea. Sa saison a été longue, reste à savoir dans quel état de forme il se trouve après 10 mois de compétition. Son comparse, Pepe, a montré de belles choses avec le Real. Souvent blessé, le joueur d’origine brésilienne ne compte que deux sélections. Le duo manque donc d’automatismes. À un tel niveau, la moindre erreur se paie cash.
Le milieu de terrain fait peur. Scolari n’a que l’embarras du choix. Il compte beaucoup d’individualités. La question de leur complémentarité se pose. Les milieux se trouvent souvent dans les mêmes espaces et se marchent sur les pieds. Le Portugal s’est qualifié assez facilement dans un groupe où la Pologne a fait cavalier seul, mais a montré ses limites. L’Azerbaïdjan, le Kazakhstan et la Belgique n’ont pas pesé bien lourd. Les Portugais sont apparus très dépendants de la forme de Cristiano Ronaldo. La star de Manchester, en lice pour le Ballon d’Or, a inscrit 8 buts dans ces éliminatoires. Le gros point faible de l’équipe est qu’elle ne dispose pas de véritable numéro 9. Depuis la retraite de son meilleur marqueur Pauleta (47 buts), Ronaldo est la principale arme offensive.
Demi-finaliste en 2000, finaliste en 2004 pour son Euro, le Portugal va-t-il enfin remporter un titre cette année ? Pour cela il faudra passer l’obstacle tchèque en poule avant de retrouver l’Allemagne en demi-finale. Restera ensuite à battre, on l’espère, leur bête noire, la France, pour le titre. La tâche s’annonce rude pour le Portugal. Premiers éléments de réponse ce soir contre la Turquie.


















